jsc doc 1
Zidane : un
portrait du 21e siècle
Date de sortie : 24
Mai 2006
Réalisé par Philippe Parreno, Douglas
Gordon
Avec Zinedine
Zidane .
Film français.
Genre :
Documentaire
Durée :
1h 30min.
Distribué par United
International Pictures (UIP)
Trop de Zidane tuera-t-il Zinedine Zidane ? Joueur altruiste mais
omnipotent, homme discret mais omniprésent
médiatiquement, la question peut se poser, sans que l'on en
veuille au principal intéressé, joueur
incontestable et vache à lait publicitaire pour le plus
grand bonheur de chacun. Elle se pose à nouveau à
l'annonce de ce film atypique qui fait du joueur son unique sujet. Une
heure trente avec l'Homme-Dieu, n'est-ce pas trop pour de simples
mortels ?
Présenté dans la sélection officielle
Cannes 2006, hors compétition, mais concourrant pour la
caméra d'Or, le film Zidane, un portrait du XXI
ème siècle est l'œuvre de deux
débutants cinématographiques, experts du monde de
l'image. Artistes conceptuels contemporains dont les œuvres
sont exposées aux musées, donc peu connus du
grand public, Philippe Parreno, le Français, et Douglas
Gordon, l'Ecossais, ont pu exposer leur idée à la
star : suivre au plus près l'évolution du joueur
et répondre à cette interrogation enfantine,
commune aux trois protagonistes, que devient le joueur adulé
lorsqu'il sort de l'écran ?
La meilleure technique au service du meilleur technicien
Cette production franco-islandaise (!!) est donc un projet unique,
jamais tenté, s'appuyant sur des moyens qui n'existaient pas
il y a peu (17 caméras dont deux hautes
définition prêtées par
l'armée américaine). Pour participer à
cette aventure, ils ont su s'entourer des plus grands noms :
Sighvatsson, producteur de David Lynch, Darius Khondji directeur de la
photographie (Wong-Kar Waï, Jeunet...), les cadreurs de Martin
Scorsese, Pedro Almodovar...etc. Enfin, l'élément
fondamental du projet, le son mixé par Tom Johnson, (Stars
Wars, Requiem for a Dream...) qui a tout reconstitué
après coup.
Malgré cette pléiade de talents, ne le cachons
pas, l'exercice de style est un peu délicat, que l'on soit
amateur de foot ou non. Certes, le montage essaye d'offrir quelques
plages de respiration : coulisses du stade Santiago Bernabeu, un point
sur l'état du monde à la mi-temps... Mais c'est
largement insuffisant pour ne pas se laisser gagner par un certain
ennui. On ne peut pas vraiment envisager de suivre le match et il ne se
passe pas toujours grand-chose autour du sujet Zidane. Ceci mis
à part, la découverte d'un objet unique peut
suffire à justifier un film qui se
révèle de façon inattendue.

L'humanisation de
Dieu
La première surprise, au vu des moyens
énoncés plus haut, provient de la
qualité de l'image : loin d'être extraordinaire,
celle-ci nous apparaît trop sombre. Il a d'ailleurs
été nécessaire de truquer la plupart
des plans et notamment d'éclaircir le regard de Zizou...qui
reste pourtant dans l'ombre la plupart du temps.
La vraie nouveauté est ailleurs : elle provient de la
bande-son. D'une très grande qualité, elle
apporte un commentaire neuf sur des images qui ne le sont pas tant que
ça. Ainsi, l'incrustation d'une plage sonore où
des enfants jouent dans une cour d'école, alors que nous
voyons les meilleurs footballeurs du monde à l'image,
contribuent à créer un nouvel univers, non
dénué de poésie.
Mais c'est la musique, ici, qui emporte notre adhésion. Elle
habille et donne son sens à l'image. Elle est notamment
remarquable pour isoler l'homme de la foule et des autres joueurs.
Zinedine Zidane est, par excellence, celui qui fait jouer les autres,
le maestro, le centre névralgique. Pourtant, l'impression
qui se dégage rapidement est celle d'un homme seul, chef
d'orchestre dont on ne voit que les coups de baguette mais pas leur
destinataire. Les accords distanciés, en apparence simple,
du groupe écossais Mogwaï (cf. Mogwai fear Zidane
sur le blog musique), l'accompagnent magnifiquement. Créant
l'attente, suscitant le désir d'envolées
magnifiques, la guitare semble se retenir avec l'homme qu'elle
accompagne. Elle aimerait éclater de mille fantaisies
créatrices, mais, elle aussi, doit
répéter des choses simples et basiques. Comme le
footballeur recommence ses gammes, bases nécessaires d'une
éventuelle fulgurance espérée mais
difficile à produire.
Dans cette arène, le joueur reprend peu à peu
taille humaine, se rapproche de nous. Car Dieu crache, tombe, bouscule
ses adversaires, commet de petites fautes vicieuses, rate un geste,
court dans le vide, se gratte les couilles, reprend son souffle, se
fatigue dans la répétition. Il réussit
aussi, d'une action de classe à faire la
différence, concrétise ce pour quoi il est
employé, après de nombreux échecs et
de multiples frustrations. Voilà donc à quoi
ressemble la journée de travail de celui qui se retrouve
déifié à son corps
défendant. Dans un mimétisme troublant, proche de
l'allégorie sociale, il se rapproche encore un peu plus du
commun des mortels, en se faisant sortir du terrain, victime de son
manque de lucidité... ou d'un grand sens de la mise en
scène (carton rouge).
Ainsi, loin de nous retrouver face à un quelconque produit
marketing, nous sommes bien devant une œuvre d'art qui va au
bout de ses intentions sans volonté de séduire
manifeste. Consciente qu'elle laissera du monde sur la touche, elle ne
s'en occupe guère car le support Zidane le lui permet. Bien
loin des craintes que pouvait susciter un projet qui aurait pu
alimenter la déification du personnage, on arrive au
résultat contraire : le voir souffrir, s'épuiser
et échouer l'humanise d'une façon inattendue et
nous le rend encore plus sympathique et proche.

Histoire
Un portrait spectaculaire, magique, en temps réel et en
action de Zinédine Zidane donnant au spectateur le sentiment
d'être placé sur le terrain aux
côtés du joueur. Tourné le 23 avril
2005 au stade Santiago Bernabeu durant un match de championnat de la
Liga espagnole opposant le Real Madrid à Villareal, ce film
colle aux crampons de la star du ballon rond durant
l'intégralité de la rencontre, grâce
à dix-sept caméras haute-définition
capturant ses moindres faits et gestes.
Informations sur le
fichier
699 mo
608 x 256
1h31'02
lame mp3
divx
complet
Informations sur les
liens
RS
8 liens
94,7 mo
( pass : massilia56 )

part 1

part 2

part 3

part 4

part 5

part 6

part 7

part 8
|